Environ 20 % des personnes seront confrontées au cancer, influencé par la génétique et le mode de vie. Des comportements à risque comme le tabagisme et une mauvaise alimentation augmentent ce risque. Des chercheurs de Harvard ont étudié l’impact de l’aspirine, révélant qu’une consommation régulière pourrait réduire le risque de cancer colorectal. Bien que des effets bénéfiques aient été observés, des effets secondaires possibles nécessitent prudence et validation par d’autres études. Des conseils pour réduire les risques de cancer sont également fournis.
Environ 20 % des individus seront confrontés à un cancer au cours de leur existence. Outre la génétique, le mode de vie joue un rôle clé dans le développement de cette maladie. Des comportements à risque tels que le tabagisme, l’inactivité physique et une alimentation déséquilibrée augmentent significativement les chances de contracter cette maladie. Toutefois, certaines actions peuvent être entreprises pour diminuer ce risque.
Des chercheurs s’emploient sans relâche à mettre au point de nouvelles thérapies et médicaments pour lutter contre le cancer. Une équipe de scientifiques de l’université de Harvard a récemment mis en lumière une méthode accessible à tous, qui pourrait réduire de manière significative le risque de cancer.
L’aspirine : Un allié contre le cancer
Des études menées par des chercheurs de Harvard ont exploré l’effet de l’aspirine sur le risque de cancer colorectal. Ils ont constaté que, au-delà des choix de vie, la consommation d’aspirine pourrait également contribuer à diminuer ce risque.
L’étude, réalisée à l’hôpital général du Massachusetts, le principal hôpital universitaire de Harvard, a analysé les dossiers de plus de 100 000 patients ayant consommé régulièrement de l’aspirine. Les données ont été mises en parallèle avec celles de personnes n’ayant pas pris d’aspirine, sur une période d’observation de 30 ans.
Les résultats ont révélé que ceux qui prenaient de l’aspirine de manière régulière avaient moins de chances de développer un cancer. Sur une période de 10 ans, le taux de cancer chez les patients prenant de l’aspirine était de 1,98 %, contre 2,95 % chez ceux qui n’en prenaient pas, ce qui représente une réduction de 32 %. Cette différence était particulièrement marquée chez les individus ayant un mode de vie moins sain, qui bénéficiaient le plus de cette prise régulière. Pour cette catégorie, le taux était de 2,12 % pour les utilisateurs d’aspirine, comparé à 3,4 % pour les non-utilisateurs, soit une réduction d’environ 37,6 %.
Même chez les personnes adoptant un mode de vie plus sain, l’aspirine révélait un impact positif, bien que moins prononcé. Pour ces individus, le taux sur 10 ans s’élevait à 1,5 % pour ceux prenant de l’aspirine, contre 1,6 % chez ceux qui ne la prenaient pas, représentant une réduction d’environ 6 %.
Les mécanismes de prévention du cancer par l’aspirine
L’aspirine pourrait prévenir le cancer de plusieurs façons, selon Andrew Chan, co-auteur de l’étude. Des recherches antérieures ont montré que l’aspirine diminue la production de protéines pro-inflammatoires, qui sont susceptibles de favoriser le développement du cancer. Une autre hypothèse est que l’aspirine pourrait bloquer les voies de signalisation responsables de la croissance cellulaire incontrôlée, renforçant ainsi la réponse immunitaire contre les cellules cancéreuses et entravant leur accès aux nutriments.
Aspirine et prévention du cancer : quelles perspectives ?
Les chercheurs ont établi qu’une prise régulière de 325 milligrammes d’aspirine deux fois par semaine constitue une dose standard. Cependant, il est à noter qu’une dose quotidienne plus faible de 81 milligrammes pourrait offrir un meilleur effet préventif.
Néanmoins, il est crucial de souligner que ces résultats ne signifient pas que tout le monde devrait prendre de l’aspirine quotidiennement, comme le précisent les scientifiques. Des effets secondaires significatifs, tels que des saignements, peuvent survenir avec une consommation régulière. De plus, il est nécessaire de valider ces résultats par d’autres études.
Le Centre allemand de recherche sur le cancer souligne que les inflammations peuvent accroître le risque de certains types de cancer. Ainsi, l’idée serait d’utiliser des médicaments anti-inflammatoires comme l’aspirine pour prévenir cette maladie. Toutefois, le mécanisme d’action exact de l’aspirine en lien avec le cancer n’est pas encore entièrement compris. Les effets secondaires, en particulier lors d’une utilisation prolongée, doivent être pris en compte pour envisager une prévention efficace. Pour cette raison, l’aspirine et des médicaments similaires ne sont pas approuvés en Allemagne pour la prévention du cancer.
Conseils des experts pour prévenir le cancer
Il est primordial de se concentrer sur la réduction des facteurs de risque modifiables, car cela pourrait, selon les experts, prévenir une part significative des nouveaux cas. Les chercheurs en cancérologie et en prévention ont identifié diverses actions pouvant aider à cette fin :
Ce texte a été initialement publié par nos collègues.