samedi, mars 29, 2025

Titre : Comment un entraînement de 10 minutes peut diminuer votre risque de cancer selon le professeur

L’exercice régulier présente des avantages significatifs pour la santé, notamment en réduisant le risque de cancer d’environ 25 %. Martin Halle, expert en médecine du sport, souligne l’importance de l’activité physique pour prévenir divers types de cancer, tels que colorectal et du sein. Des mécanismes biologiques, comme la libération de myokines, jouent un rôle clé. Une activité de 20 minutes par jour avec des exercices de force et d’endurance est recommandée pour une protection optimale.

Le contenu suivant est publié par Focus en ligne*

Les Bienfaits de l’Exercice pour la Santé

La pratique régulière d’une activité physique a des effets bénéfiques durables sur la santé, notamment en ce qui concerne la prévention des maladies cardiovasculaires et du diabète. Même chez les personnes atteintes de cancer, l’exercice peut améliorer leur bien-être psychologique et les aider à mieux gérer la maladie ainsi que les traitements de chimiothérapie. De plus en plus de recherches démontrent que le sport pourrait aussi offrir une protection contre le cancer.

Martin Halle, directeur médical de la clinique de médecine du sport préventive et réhabilitative à l’Université technique de Munich, se penche sur cette thématique. Dans une récente interview, il aborde l’impact de l’exercice sur le risque de cancer.

Exercice et Risque de Cancer

Le sport protège-t-il contre le cancer, et est-ce valable pour tous les types de cancer ?

Martin Halle : Les recherches montrent que le sport peut réduire le risque de cancer d’environ 25 %. Ainsi, on observe une diminution moyenne d’un quart du risque. L’activité physique régulière a un impact préventif particulièrement significatif sur certains types de cancer, notamment les plus répandus.

Concernant le cancer colorectal, beaucoup se concentrent sur l’alimentation. Quel est le danger du manque d’exercice ici ?

Martin Halle : Bien que l’alimentation joue un rôle essentiel dans le développement du cancer colorectal, l’exercice physique et l’absence de tabagisme sont des facteurs de prévention beaucoup plus déterminants.

Et qu’en est-il du cancer du sein et de la prostate ?

Martin Halle : Pour le cancer du sein, les principaux facteurs de risque incluent le surpoids et l’inactivité physique, ainsi que des problèmes métaboliques comme la résistance à l’insuline. En ce qui concerne le cancer de la prostate, le manque d’exercice est également reconnu comme un facteur de risque, bien que ce soit moins étudié que pour le cancer colorectal et le cancer du sein.

Les personnes actives mènent généralement une vie plus saine.

Martin Halle : Cela joue un rôle indéniable et ne doit pas être sous-estimé. Lorsqu’on étudie les facteurs de risque de manière approfondie et que l’on analyse statistiquement les données sur le cancer, l’impact préventif du sport se révèle clairement.

Les deux maladies non transmissibles les plus courantes, à savoir le cancer et les maladies cardiovasculaires, sont interconnectées. Une activité physique régulière offre une protection contre le cancer ainsi que contre des problèmes vasculaires comme l’hypertension.

Comment l’exercice prévient-il le cancer ? Quels changements se produisent au niveau cellulaire ?

Martin Halle : Les mécanismes sous-jacents deviennent de mieux en mieux compris. Prenons le cancer colorectal en exemple : nous savons maintenant que les muscles et les os agissent comme des organes qui libèrent de nombreuses substances messagères lors de l’exercice. Parmi celles-ci, on trouve les myokines provenant des muscles et les ostéokines des os. Ces myokines circulent dans le sang et atteignent divers systèmes organiques, y compris la muqueuse intestinale, où elles empêchent la formation de polypes. La myokine SPARC, une protéine sécrétée riche en cystéine, joue un rôle clé dans ce processus.

Ces mécanismes sont-ils également bénéfiques pour le cancer du sein ?

Martin Halle : Oui, des mécanismes similaires existent pour le cancer du sein activés par l’exercice. Cependant, la substance messagère précise reste à identifier. Cela implique probablement des interactions entre le métabolisme, la résistance à l’insuline, les réponses inflammatoires, le système immunitaire et les acides gras. En résumé, la protection contre le cancer du sein repose sur un ensemble de facteurs.

Quelle quantité d’exercice est nécessaire pour prévenir le cancer ?

Martin Halle : La prévention du cancer nécessite une sollicitation musculaire. Cela peut être obtenu grâce à des entraînements d’endurance et de force. Pour renforcer les os, un entraînement de force avec des impacts, comme la course à pied, est nécessaire.

En règle générale, activer ses muscles et ses os pendant 20 minutes par jour avec une combinaison d’exercices de force et d’endurance est suffisant pour une prévention efficace. Il est important d’atteindre une certaine intensité ; ainsi, courir est plus bénéfique que de marcher pour déclencher la libération des myokines.

Est-il préférable de privilégier des séances courtes et intenses plutôt que longues et lentes, comme dans votre programme de 7 minutes ?

Martin Halle : Absolument, ces exercices sont très intenses. Si vous les pratiquez quotidiennement, vous accomplissez déjà beaucoup. Considérez cela comme un compte à rebours : réalisez ces sept exercices chaque jour, comprenant des sauts, des crunchs, des planches, etc. Cela prend probablement une dizaine de minutes, un effort que chacun peut investir. Si vous ne parvenez pas à le faire un jour, essayez de compenser le lendemain pour maintenir votre objectif de 10 minutes.

Qu’en est-il des sports d’endurance comme la natation et le vélo ?

Martin Halle : La natation n’est pas aussi efficace pour la prévention du cancer. En revanche, le vélo est bénéfique car il sollicite les muscles, même si l’impact est faible, ce qui entraîne une formation réduite d’ostéokines. Cependant, il reste une bonne option pour les personnes en surpoids, car cela préserve les articulations.

Ces deux activités offrent également d’autres avantages pour la santé, tels que l’amélioration du tonus vasculaire, de la santé cardiaque et du métabolisme. En matière de prévention du cancer, il convient de retenir que des séances d’exercice courtes mais intenses favorisent particulièrement la production de substances messagères protectrices dans les muscles et les os.

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