samedi, avril 5, 2025

Tarifs de Trump : Réactions mondiales de l’UE à la Suisse en passant par la Chine

Donald Trump a annoncé des augmentations de tarifs douaniers sur les importations de 185 pays, provoquant des inquiétudes internationales. Des nations comme le Royaume-Uni, la Norvège et la Corée du Sud cherchent à négocier, tandis que l’Union européenne et d’autres envisagent des mesures de rétorsion. Les réactions varient, certains pays, comme la Chine et le Canada, annonçant des actions pour protéger leurs intérêts. Cette situation pourrait mener à une escalade des tensions commerciales à l’échelle mondiale.

Le président américain Donald Trump a récemment annoncé des augmentations de tarifs douaniers drastiques visant 185 pays partenaires à travers le monde. Cette décision a suscité de vives inquiétudes parmi les nations touchées, notamment le Royaume-Uni, la Norvège, la Corée du Sud et Taïwan, qui cherchent à engager des discussions avec les États-Unis. En revanche, l’Union européenne, la France, l’Espagne et la Chine envisagent des mesures de rétorsion.

Des Tarifs Douaniers qui Changent la Donne

Donald Trump brandit le bâton des droits de douane, remettant en question un système commercial établi depuis plus de 75 ans. À partir du 5 avril, un tarif de base de 10 % sera appliqué sur les importations aux États-Unis. En outre, un mécanisme complexe pour des droits de douane plus élevés pour plusieurs pays sera mis en œuvre le 9 avril. Un conseiller de Trump a qualifié ces pays de ‘pires contrevenants’, désignant ceux avec lesquels les États-Unis, selon l’administration actuelle, affichent un déficit commercial important. Les États-Unis mettent également en garde ces pays contre d’éventuelles mesures de rétorsion, une escalade que le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a décrite à Fox News. Pendant ce temps, les réactions des pays concernés varient considérablement.

Menaces de Réaction et Réponses Internationales

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié les nouveaux tarifs douaniers américains de coup dur pour l’économie mondiale. ‘Nous travaillons déjà sur un premier paquet de mesures de rétorsion en réponse aux droits de douane sur l’acier’, a-t-elle déclaré à Samarkand (Ouzbékistan) avant un sommet de partenariat UE-Asie centrale. Ces mesures visent à protéger les intérêts de l’UE et des entreprises européennes si les négociations avec les États-Unis échouent, a-t-elle ajouté. Trump a précédemment instauré un tarif minimum de 10 % sur la majorité des biens importés, avec un taux majoré de 20 % pour les marchandises en provenance de l’UE.

Le président du Conseil de l’UE, Antonio Costa, a affirmé que l’Union européenne devrait envisager des accords de libre-échange avec d’autres pays à la suite des nouveaux tarifs douaniers. ‘Nous allons collaborer avec tous nos partenaires pour élargir notre réseau commercial. Il est impératif de ratifier les accords avec Mercosur et le Mexique et de faire avancer les négociations avec des pays comme l’Inde’, a-t-il mentionné dans un message sur X.

Le Premier ministre français François Bayrou a qualifié les tarifs de Trump de ‘catastrophe pour l’économie mondiale’. ‘Cela signifie d’immenses difficultés pour l’Europe’, a-t-il déclaré à Paris, ajoutant que cette situation serait également désastreuse pour les États-Unis et leurs citoyens. Ce même jour, le président Emmanuel Macron a prévu de rencontrer à Paris des représentants des secteurs particulièrement affectés, comme les producteurs de vin et de spiritueux, qui craignent un effondrement de leurs exportations d’une valeur de 800 millions d’euros.

Le gouvernement français, en coordination avec l’Union européenne, a annoncé deux vagues de mesures de rétorsion contre les droits de douane américains. La première réponse, prévue pour mi-avril, portera sur les droits de douane sur l’aluminium et l’acier, a précisé la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas. La seconde vague, qui devrait survenir fin avril, impactera une gamme plus large de produits et services. ‘Nous sommes prêts pour cette guerre commerciale.’

Le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo, a également appelé à des mesures de rétorsion, qualifiant les nouveaux tarifs de ‘injustes et injustifiés’. Son gouvernement est déterminé à protéger les entreprises et les consommateurs espagnols des effets négatifs. Bien que l’Union européenne soit ouverte à la négociation pour éviter une guerre commerciale, Cuerpo insiste sur la nécessité de prendre des mesures de rétorsion si aucun compromis n’est trouvé.

Israël se prépare également. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a annoncé qu’il convoquera un conseil ministériel pour élaborer des mesures de protection pour l’économie israélienne suite à la décision de Trump d’imposer des droits d’importation de 17 % sur les produits israéliens.

La Chine a appelé les États-Unis à annuler immédiatement les nouveaux tarifs douaniers, annonçant également des mesures de rétorsion. Selon le ministère chinois du Commerce, ‘la Chine s’oppose fermement à cette décision et prendra des mesures pour protéger ses propres droits et intérêts’, arguant que la démarche américaine viole l’équilibre des intérêts établi au fil des ans dans le cadre des négociations commerciales multilatérales.

Le Canada, par la voix de son Premier ministre Mark Carney, a également annoncé des mesures de rétorsion, qui seront dévoilées lors d’une réunion du cabinet. ‘Il est essentiel d’agir de manière ciblée et déterminée’, a-t-il déclaré. Bien que le nouveau tarif de base de 10 % ne s’applique pas au Canada, les droits de douane de 25 % sur de nombreux produits liés aux questions de drogue et d’immigration demeurent en vigueur.

Le Royaume-Uni espérait jusqu’à présent une solution négociée avec les États-Unis et craint désormais les conséquences économiques des nouveaux tarifs. Le Premier ministre Keir Starmer a mentionné que les surtaxes auront des répercussions significatives et qu’il continuera à négocier avec Washington pour obtenir le meilleur accord possible pour le Royaume-Uni. Son ministre de l’Économie, Jonathan Reynolds, a souligné que le Royaume-Uni pourrait avoir un meilleur positionnement que l’UE, mais a néanmoins exprimé des préoccupations quant aux droits de douane sur les importations.

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