samedi, avril 5, 2025

Orban dénonce la CPI comme un tribunal politique et annonce le retrait de la Hongrie dans la lutte contre Netanyahu

Benjamin Netanyahu a effectué une visite marquante en Hongrie, accueillie par Viktor Orban, qui a critiqué le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) à son encontre. Orban a annoncé le retrait de la Hongrie de la CPI, qualifiant l’institution de politique et dénonçant une chasse aux sorcières. Bien que cela n’affecte pas immédiatement la situation juridique, ce retrait pourrait éroder la crédibilité de la CPI, surtout dans le contexte de l’UE et de l’OTAN.

Une Visite Marquante de Benjamin Netanyahu en Hongrie

«Bienvenue en Hongrie, le pays le plus sûr d’Europe» – C’est de cette manière que le Premier ministre Viktor Orban a accueilli son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, lors de sa visite à Budapest. Orban a fait cette déclaration non seulement en tant que chef de l’État, mais aussi de manière personnelle. À son arrivée, Netanyahu n’a pas été arrêté, malgré un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) en novembre dernier pour des accusations de crimes de guerre liés au conflit à Gaza. En tant que membre de la CPI, la Hongrie aurait dû exécuter ce mandat.

Au lieu de cela, Netanyahu a été accueilli à l’aéroport par le ministre de la Défense à 4 heures du matin et a ensuite été reçu par Orban avec des honneurs militaires au château de Budapest. Les épouses des deux dirigeants étaient présentes, tandis que des soldats formaient une haie d’honneur. La visite de Netanyahu en Hongrie est prévue pour durer jusqu’à dimanche, ce qui est un fait surprenant.

Les Réactions d’Orban face à la Cour Pénale Internationale

Orban et Netanyahu ne sont pas seulement des partenaires politiques, ils partagent également une amitié personnelle. Orban a vivement critiqué le mandat d’arrêt, le qualifiant d’inacceptable et de moquerie du droit international. En réponse à cela, il a annoncé que la Hongrie se retirerait de la CPI. Il a signé une proposition de loi à cet effet, qui sera bientôt présentée au Parlement. Ce retrait se fera conformément aux lois hongroises et au droit international, a précisé son ministre de la Chancellerie.

Bien qu’Orban ait souligné l’importance de la CPI, il a également affirmé que l’institution était devenue un tribunal politique, en particulier à travers ses actions contre la direction israélienne, qui défend son droit à la légitime défense. Sur les réseaux sociaux, il a même évoqué une chasse aux sorcières contre Netanyahu.

Ce dernier a exprimé sa gratitude envers Orban, qualifiant la décision de la Hongrie de courageuse et fidèle aux valeurs démocratiques. Il a décrit la CPI comme une «organisation corrompue» qu’il faut contester.

Malgré l’annonce d’Orban, la situation juridique actuelle n’est pas affectée immédiatement. Un retrait du Statut de Rome, le document fondateur de la CPI, nécessite une notification au secrétaire général de l’ONU, mais il ne prendra effet qu’un an plus tard. L’obligation de respecter le mandat d’arrêt demeure, car la procédure avait été initiée avant le retrait.

En ce qui concerne les conséquences pour la Hongrie, celles-ci semblent limitées. La CPI pourrait constater une violation d’obligation et en informer les États membres, mais les sanctions concrètes ne sont pas prévues. Ce fut le cas en 2015 lorsque l’Afrique du Sud a permis à l’ancien dirigeant soudanais, Omar al-Bashir, de quitter le pays sans entrave, ne recevant qu’un avertissement de la CPI.

Les implications pour la CPI sont plus préoccupantes. Le mépris affiché par Budapest quant à ses obligations de coopération pourrait miner la crédibilité de l’institution, surtout avec d’autres pays européens déclarant également qu’ils ne procéderaient pas à l’arrestation de Netanyahu. Le retrait de la Hongrie de la CPI est un revers supplémentaire, étant donné que tous les autres membres de l’UE sont des États parties à la CPI, et que l’Europe est son principal soutien face à l’isolement des États-Unis.

Bien que la Hongrie ne soit pas le premier pays à se retirer du Statut de Rome – un précédent a été établi par le Burundi en 2017 et les Philippines un an plus tard – le retrait d’un pays occidental membre de l’UE et de l’OTAN a un poids significatif dans le contexte actuel de la géopolitique. Cela pourrait même remettre en question l’avenir de l’institution. Netanyahu a exprimé cet espoir à Budapest, en affirmant que la Hongrie serait le premier pays à se retirer de la CPI, mais il est certain que ce ne sera pas le dernier.

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