samedi, mars 29, 2025

Opérations policières en Allemagne contre un groupe terroriste érythréen présumé

Des perquisitions simultanées sont menées en Allemagne et au Danemark, ciblant des individus d’origine érythréenne suspectés de terrorisme, suite à des violences lors de festivals. Ces opérations visent à démanteler un groupe, la Brigade N’Hamedu, qui cherche à renverser le régime érythréen. Les tensions sont exacerbées par des accusations de violations des droits humains en Érythrée, tandis que les autorités allemandes intensifient leur réponse face à la violence.

Des opérations de perquisition sont en cours en Allemagne et au Danemark, motivées par des suspicions de terrorisme. Ces actions ciblent des individus d’origine érythréenne, prétendument impliqués dans des violences à l’encontre de leurs compatriotes lors de festivals érythréens.

Ce matin, les forces de sécurité allemandes ont lancé une vaste opération contre des dissidents du régime érythréen, en réponse à des actes de violence. Selon le parquet fédéral basé à Karlsruhe, il s’agit d’enquêtes sur la formation d’une organisation terroriste intérieure.

Les perquisitions ont eu lieu dans 19 sites répartis sur six Länder en Allemagne, à savoir Hesse, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Bavière, Bade-Wurtemberg, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et Rhénanie-Palatinat, ainsi qu’au Danemark, un pays voisin. Parmi les incidents rapportés, il a été relevé des jets de pierres à l’encontre des forces de police et des pompiers, dans un contexte de tensions autour de la dictature en Érythrée.

Un objectif de renversement en Érythrée

La Brigade N’Hamedu, comme l’a précisé le parquet fédéral, est un groupe lié à des réseaux internationaux, dont le but affiché est de renverser le gouvernement érythréen. La branche allemande de ce groupe est active depuis au moins 2022, usant de la violence pour perturber des événements soutenus par le régime érythréen. Les émeutes survenues lors des festivals érythréens à Gießen en août 2022 et juillet 2023, ainsi qu’un séminaire d’une association érythréenne à Stuttgart en septembre 2023, ont été des déclencheurs des perquisitions actuelles.

Les festivals à Gießen, organisés par le Conseil central des Érythréens en Allemagne, sont perçus par certains comme des vecteurs de propagande gouvernementale, bien que les organisateurs s’en défendent. Des manifestations similaires ont également eu lieu à Stuttgart, où jusqu’à 200 jeunes opposants ont exprimé leur mécontentement en s’opposant à un événement qu’ils considéraient comme lié au régime dictatorial érythréen.

Ces émeutes ont provoqué des blessures chez de nombreux policiers, certains de manière grave. Des membres de la Brigade N’Hamedu auraient vu la violence contre les institutions étatiques allemandes et leurs représentants comme une réponse légitime, selon les déclarations faites aujourd’hui.

Une enquête en cours avec 17 suspects

Le parquet fédéral a indiqué que ces perquisitions visent à ‘vérifier les soupçons existants’. À ce jour, aucune arrestation n’a été effectuée. Les investigations concernent 17 individus identifiés, qui, selon les informations disponibles, occupent des postes de direction au sein de la branche allemande de la brigade.

Un autre suspect, qui aurait exercé des fonctions de leader au sein de la Brigade N’Hamedu aux Pays-Bas et en Allemagne, a récemment été condamné par un tribunal néerlandais à plusieurs années d’emprisonnement pour sa participation à des émeutes survenues le 17 février 2024 à La Haye.

Ces émeutes font également l’objet de poursuites judiciaires en Allemagne. Par exemple, en mars 2024, un tribunal de Stuttgart-Bad Cannstatt a condamné un Érythréen de 29 ans à trois ans et neuf mois de prison pour des violations graves de la paix publique et des blessures corporelles. De même, en juillet 2024, un jeune homme de 24 ans a été condamné à un an et trois mois de prison avec sursis pour des infractions similaires.

Critiques à l’encontre du régime érythréen

L’Érythrée, un pays de la Corne de l’Afrique comptant environ quatre millions d’habitants, est en proie à des répressions systématiques et à des violations des droits humains. Le gouvernement autoritaire du président Isaias Afewerki est accusé d’opprimer la population à travers le travail forcé, la conscription obligatoire et des restrictions sur la liberté d’expression, de croyance et de presse, selon des organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International.

Des allégations de massacres, d’exécutions extrajudiciaires et de violences sexuelles par les forces de sécurité continuent de faire surface, tandis que le gouvernement rejette ces accusations comme étant motivées politiquement.

Des appels à interdire d’autres événements érythréens se font entendre, bien que la ville maintienne la date.

Une réponse ferme de l’État de droit

Thomas Strobl, ministre de l’Intérieur du Bade-Wurtemberg, a déclaré que les conflits en Afrique ne devraient pas être résolus par la violence sur le sol allemand. ‘C’est un message fort, et l’État de droit a une réponse déterminée et cohérente. Nous avons un long parcours devant nous’, a-t-il affirmé en évoquant les perquisitions.

Les enquêteurs ont intensifié leur collaboration au niveau national suite à la violence à Stuttgart, rassemblant des informations cruciales. ‘Nous combattons également la structure sous-jacente à l’échelle transfrontalière’, a ajouté Strobl. Les perquisitions se sont concentrées sur l’analyse approfondie de vastes enregistrements vidéo, utilisant des technologies de reconnaissance faciale avancées.

En lien avec les émeutes de Stuttgart, environ 190 affaires ont été ouvertes jusqu’à présent, avec près de 100 d’entre elles classées. ‘Des amendes ont été infligées à 34 personnes, tandis que 56 autres ont été condamnées à des peines d’emprisonnement.’, a-t-il conclu.

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