Les législateurs texans envisagent un projet de loi visant à restreindre l’utilisation des prestations SNAP pour l’achat d’aliments jugés malsains, comme les boissons sucrées et les collations. Ce programme, essentiel pour 41 millions d’Américains, pourrait voir des modifications pour encourager des choix alimentaires plus sains. Bien que certains soutiennent cette initiative pour lutter contre l’obésité, d’autres craignent qu’elle ne pénalise les familles à faible revenu, étant donné que les aliments sains sont souvent plus coûteux.
Les législateurs texans envisagent un nouveau projet de loi qui limiterait l’utilisation des prestations du Programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire (SNAP) pour l’achat d’aliments considérés comme peu sains, tels que les boissons sucrées, les collations et certains produits transformés.
Actuellement, ce programme ne permet pas l’utilisation des fonds fédéraux pour acheter des produits du tabac, de l’alcool ou des repas préparés.
Importance de cette initiative
Avec plus de 41 millions d’Américains bénéficiant des prestations SNAP, ce programme représente la plus grande forme d’assistance alimentaire aux États-Unis. Il fournit un soutien financier mensuel aux familles à faibles revenus, leur permettant de se procurer des aliments nutritifs et sains.
Certaines voix s’élèvent pour dire que permettre aux bénéficiaires du SNAP d’acheter des collations sucrées et des boissons gazeuses contribue à des habitudes alimentaires néfastes, pouvant conduire à l’obésité et à divers problèmes de santé associés.
Les modifications proposées toucheraient des foyers à travers tout l’État du Texas, y compris dans des zones urbaines où l’accès à des aliments sains est restreint, appelées déserts alimentaires, où les résidents peinent à trouver des fruits, des légumes et des grains entiers abordables.
Les détails du projet de loi
Selon les dispositions de ce projet de loi, les bénéficiaires du SNAP seraient interdits d’acheter certaines boissons énergétiques, les sodas, les bonbons, les chips de pommes de terre ou de maïs, et les biscuits.
Le sénateur Middleton a précisé : ‘L’objectif de ce projet de loi n’est pas de limiter le pouvoir d’achat, mais de garantir que les fonds publics servent à l’acquisition d’aliments essentiels pour la santé.’
Ce n’est pas la première fois que des restrictions similaires sont envisagées. Dix États, tous gouvernés par des républicains, étudient actuellement des propositions visant à interdire l’achat de malbouffe avec les fonds SNAP. De plus, des initiatives au niveau fédéral visent à exclure les boissons sucrées du programme.
Les partisans de ces mesures estiment qu’en restreignant l’accès à certains produits, on pourrait diminuer l’obésité et les problèmes de santé liés à l’alimentation parmi les populations à faible revenu.
En 2021, environ 56 décès pour 100 000 habitants aux États-Unis ont été liés à l’obésité, ce qui équivaut à environ 186 000 décès pour une population totale d’environ 332 millions.
La crise de l’obésité engendre également des inquiétudes économiques car les coûts médicaux des personnes obèses sont estimés entre 30 et 40 % plus élevés que ceux des personnes non obèses. Comme une grande partie des soins médicaux pour les personnes à faible revenu provient des fonds publics via Medicaid, les partisans de cette législation voient les ajustements du programme SNAP comme une mesure favorable à l’économie.
Cependant, des critiques soulignent que cette politique pourrait pénaliser les familles qui dépendent du SNAP pour des besoins nutritionnels, car les aliments sains sont souvent plus coûteux et moins caloriques que les aliments moins sains.
Une étude de PlushCare en août 2024 a révélé que les aliments malsains sont généralement moins chers que les aliments sains, les écarts de prix variant de 2,9 à 3,7 % dans les 50 États.
Les opposants mettent également en avant que les définitions de ce qui est considéré comme ‘malsain’ ou ‘malbouffe’ pourraient varier d’un État à l’autre et que l’incitation à l’achat de fruits et légumes frais pourrait s’avérer une approche plus efficace pour améliorer la nutrition.
Parallèlement à ces propositions, des responsables de l’administration précédente ont également manifesté un intérêt pour la révision des lignes directrices d’achat du SNAP, avec des plans de collaboration pour explorer des restrictions sur les boissons sucrées et les produits considérés comme malbouffe.
Réactions des responsables
Le sénateur texan Mayes Middleton a déclaré : ‘La malbouffe n’atteint même pas l’objectif de nutrition et de santé du programme SNAP. L’argent des contribuables ne devrait pas financer des aliments nuisibles à la santé.’
Prochaines étapes
Le projet de loi a été examiné au Sénat de l’État du Texas et devra encore être approuvé par cette chambre avant d’être soumis à la Chambre des représentants pour un éventuel vote.
Pour entrer en vigueur, le projet de loi nécessitera une approbation fédérale. Si elle est obtenue, la nouvelle législation pourrait entrer en application le 1er septembre de cette année.