dimanche, avril 6, 2025

Commerzbank se prépare à contrer l’attaque d’Unicredit : Stratégies de défense dévoilées

Rendement attractif et croissance impressionnante caractérisent la Commerzbank, qui s’oppose à une éventuelle acquisition par Unicredit. La directrice générale, Bettina Orlopp, souligne qu’aucune offre n’est sur la table pour l’instant. Avec une augmentation significative des dividendes et des prévisions optimistes, la banque vise à améliorer son ratio cours/valeur comptable et à renforcer sa position sur le marché. Malgré des suppressions d’emplois, la Commerzbank cherche à attirer de nouveaux talents technologiques tout en maintenant une solide assise financière.

Rendement attractif, histoire de croissance impressionnante, performances record : la Commerzbank se positionne en force pour contrer une éventuelle acquisition par Unicredit. Mais cela suffira-t-il ?

La Réponse de Bettina Orlopp

Bettina Orlopp, la directrice générale de la Commerzbank, a clarifié sa position concernant une possible acquisition par Unicredit. Elle a insisté sur le fait qu’elle ne discutera de cette éventualité qu’une fois qu’Unicredit aura soumis une proposition formelle. Lors de la conférence de presse sur les résultats, tenue au sommet de la tour de la Commerzbank à Francfort, elle a déclaré : ‘Il s’agit avant tout de trouver un équilibre qui profite à nos clients, employés et actionnaires, mais pour le moment, aucune offre n’est sur la table.’ Cette déclaration semble prudente, laissant entrevoir que toutes les options restent ouvertes.

Cependant, la réalité est plus complexe. Orlopp se bat avec détermination pour éviter une acquisition qui, à son avis, pourrait être désavantageuse pour la Commerzbank. ‘Nous ne partons pas du même niveau. Unicredit a déjà sécurisé près de 30 % des actions’, a-t-elle souligné, faisant référence à la participation actuelle d’Unicredit de 9,5 % et aux options sur 18,5 % supplémentaires.

Une Stratégie de Croissance Ambitieuse

Orlopp se concentre donc sur chaque investisseur, même les plus petits. ‘Nous sommes ouverts à la discussion avec tous les investisseurs’, a-t-elle affirmé. La direction de la Commerzbank sait que l’issue de la bataille pour le contrôle de la banque dépendra largement du marché des capitaux. Bien que l’État, avec une participation de 12 %, reste le principal actionnaire et soutienne la Commerzbank, Unicredit pourrait néanmoins acquérir les actions nécessaires sans le soutien du gouvernement. Il semble peu probable qu’un nouvel actionnaire majoritaire vienne à la rescousse de la Commerzbank.

Lors de la conférence de presse, Orlopp a également annoncé une augmentation substantielle du rendement des dividendes, passant de 2,7 à 3,4 %. Cette décision implique que l’intégralité du bénéfice net, après paiement des intérêts sur certaines obligations, sera redistribuée, avant même les coûts de restructuration.

En cas de succès et sans imprévus, cette dynamique pourrait se maintenir jusqu’en 2028. Avec des prévisions optimistes sur l’augmentation des bénéfices et la disparition de certaines charges, le rendement pourrait atteindre 3,9 % dans un an.

Cette stratégie implique que la Commerzbank ‘utilise ses propres ressources’, une approche qui n’est souvent pas bien perçue sur le marché. Néanmoins, la banque dispose d’une assise financière solide, avec un ratio de fonds propres supérieur à 15 %, bien au-delà des exigences légales de 13,5 %. Cela lui permet d’envisager de petites acquisitions dans le secteur technologique et la gestion d’actifs, tout en renforçant son équipe et en se préparant à une croissance future. ‘Nous sommes désormais une entreprise de croissance’, conclut Orlopp.

Le raisonnement derrière cette stratégie est clair : l’augmentation du cours de l’action. L’objectif est d’atteindre un ratio cours/valeur comptable de 1. Actuellement à 0,75, l’action doit atteindre environ 23 euros pour générer des bénéfices pour les actionnaires et rendre l’acquisition par Unicredit moins attrayante.

Pour soutenir cette dynamique, la Commerzbank mise sur l’accroissement des revenus de commissions, notamment grâce à sa récente activité de fonds et à des frais plus élevés pour les comptes courants. L’année passée, cet objectif a déjà été atteint, et bien que 3 900 postes soient supprimés de manière socialement responsable par le biais de départs anticipés, la banque prévoit également d’embaucher de nouveaux talents technophiles.

Enfin, les indicateurs de performance tels que le ratio de rentabilité des fonds propres ont récemment franchi la barre des 9 %, dépassant les attentes, de même que le ratio coût/revenu, qui est désormais de 59 %. D’ici 2028, le rendement pourrait atteindre 15 %, tandis que le ratio de revenus pourrait descendre à 50 %. La Commerzbank aspirerait alors à rivaliser avec d’autres grandes banques, une position que Orlopp vise à atteindre pour éviter toute tentative d’acquisition.

Ce texte a été initialement publié sur capital.de

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