dimanche, mars 30, 2025

Anne Brorhilker de Finanzwende Recherche dénonce les caisses d’épargne dans l’affaire Cum-Cum – n-tv.de

Les transactions Cum-Cum ont causé des pertes fiscales d’environ 28 milliards d’euros, principalement au sein des caisses d’épargne, selon Anne Brorhilker, ancienne enquêtrice sur le scandale Cum-Ex. Son rapport souligne le manque de transparence et d’initiative politique pour clarifier l’ampleur des dommages. Bien que certaines caisses aient reconnu leur implication, le nombre exact reste incertain. Des poursuites contre des banquiers impliqués dans ces opérations sont en cours, tandis que des jugements antérieurs les qualifient d’abusifs.

Les transactions Cum-Cum ont gravement impacté l’État, engendrant des pertes d’environ 28 milliards d’euros, tout en restant largement inaperçues. Ces manœuvres fiscales illégales semblent avoir fleuri au sein des institutions bancaires. L’ancienne enquêtrice en chef du scandale Cum-Ex, Anne Brorhilker, adresse des critiques acerbes aux caisses d’épargne.

Un manque de transparence sur les pertes fiscales

Dans le cadre du scandale fiscal lié aux opérations Cum-Cum, Anne Brorhilker, l’ancienne procureure générale, dénonce les caisses d’épargne ainsi que le manque d’initiative politique. Elle souligne dans un rapport récent de Finanzwende Recherche que les efforts pour élucider ces transactions, qui ont coûté au fisc au moins 28 milliards d’euros, sont en retard.

Brorhilker, qui a été l’enquêtrice principale dans le scandale Cum-Ex et est désormais à la tête de la section sur la criminalité financière chez Finanzwende Recherche, affirme : ‘Nos recherches révèlent qu’il n’existe toujours pas de vision claire de l’ampleur des dommages engendrés par les opérations Cum-Cum et des acteurs impliqués.’ Selon elle, les informations disponibles sur ce sujet ne forment qu’un ‘patchwork’ sans cohérence.

Les caisses d’épargne dans la tourmente

Les caisses d’épargne sont particulièrement pointées du doigt par Brorhilker. Le rapport met en lumière leur implication dans des transactions Cum-Cum, ce qui a nui aux caisses publiques, malgré leur mission de servir l’intérêt général. Le rapport de Finanzwende Recherche indique que toutes les associations régionales des caisses d’épargne ont été contactées. Deux d’entre elles, l’Association des caisses d’épargne de l’Est allemand et l’Association des caisses d’épargne du Bade-Wurtemberg, ont reconnu l’existence de montages Cum-Cum, tout en soulignant une certaine ambiguïté juridique.

Le véritable nombre de caisses d’épargne impliquées dans ces transactions reste flou, selon Finanzwende Recherche. Toutefois, des reportages antérieurs suggèrent une large diffusion de telles opérations au sein de ces institutions, entraînant des pertes fiscales conséquentes.

Le Verband des caisses d’épargne et de giro allemand (DSGV) a réagi aux accusations en affirmant que seules quelques caisses d’épargne avaient été impliquées et avaient collaboré avec les autorités fiscales. Un porte-parole a déclaré : ‘Nous soutenons toutes les mesures efficaces pour protéger les créances fiscales de l’État, mais les questions juridiques doivent être tranchées par les tribunaux.’ Il n’y a pas encore de ‘jurisprudence uniforme’ concernant les opérations Cum-Cum.

Premières poursuites contre des banquiers

Finanzwende Recherche a une perspective différente : selon un jugement de la Cour fédérale des finances de 2015, les opérations Cum-Cum, dans leur forme habituelle, sont jugées illégales. D’autres décisions de tribunaux fiscaux, comme celle du tribunal fiscal de Hesse en 2020, corroborent cette position en qualifiant les Cum-Cum d’arrangements fiscaux abusifs.

Les transactions Cum-Cum étaient courantes parmi les banques, et non seulement parmi les caisses d’épargne, mais elles ont été peu examinées. Une enquête menée par l’autorité de régulation financière Bafin a révélé que 54 banques avaient reconnu leur participation à ces transactions, avec une estimation des demandes de remboursement résultant de ces opérations s’élevant à environ 4,6 milliards d’euros.

Alors que des peines de prison sévères ont été prononcées à l’encontre de certains coupables dans le scandale Cum-Ex, le premier procès pénal relatif aux Cum-Cum est encore à venir. Récemment, il a été annoncé qu’une première accusation contre cinq banquiers concernant des transactions Cum-Cum a été acceptée par la cour d’appel de Francfort.

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