Screamboat, un film de Steven LaMorte, rend hommage de manière sombre aux classiques de Disney, notamment à Screamboat Willie et au court-métrage Le Docteur Fou. Ce slasher mélange humour burlesque et violence graphique, transformant des icônes chéries en tueurs. Bien que le film souffre de problèmes de rythme et d’un petit budget, il réussit à divertir avec son approche exagérée et son design visuel. Sa sortie est prévue pour le 2 avril 2025.
Un Hommage Sombre aux Classiques de Disney
Bien que Screamboat Willie de 1928 soit clairement à l’origine de Screamboat, le film réalisé par Steven LaMorte évoque également un autre court-métrage vintage de Walt Disney : Le Docteur Fou. Ce cartoon de 1933, empreint de parodie, met en scène Mickey Mouse confronté à une série de péripéties mortelles, tentant de sauver son fidèle ami Pluto des griffes d’un scientifique malveillant. Tout cela n’était que le reflet d’un cauchemar vécu par Mickey, illustrant que même avant l’émergence du sous-genre de l’horreur publique, Disney et son créateur étaient capables de produire des images à la fois grotesques et dérangeantes. Dans Screamboat, LaMorte s’approprie ces influences d’une manière unique.
Une Adaptation Étrange et Sanglante
Bien que Screamboat ne soit pas fondé sur un cartoon traditionnellement considéré comme de l’horreur, il regorge d’images bizarres et parfois troublantes. Qui pourrait oublier Mickey jouant de manière burlesque avec des truies ou faisant tournoyer un chat par sa queue ? Dans l’ensemble, Mickey se montre plutôt agressif envers les autres animaux. Cependant, cette exagération comique est toujours présente dans l’interprétation déformée de LaMorte, désormais amplifiée au maximum. C’est de la violence cartoon, mais agrémentée de sang, d’entrailles et d’une mort à contempler. Cela pourrait indigner les puristes de Disney tout en divertissant les sceptiques.
Comme bon nombre de ces productions du domaine public, Screamboat ne vise pas à révolutionner le cinéma ; il adopte le format slasher, car c’est le moyen le plus simple de détériorer le matériel original tout en attirant un public. L’attrait réside dans cette transformation d’icônes adorées en véritables machines à tuer. Toutefois, le mécontentement envers ces films s’est légèrement atténué, en grande partie en raison de leur incapacité à répondre aux attentes, qu’elles soient faibles ou élevées, et à cause de la désensibilisation croissante à leur formule. L’antagoniste de Screamboat s’inscrit dans la lignée du célèbre homologue de Winnie l’Ourson de la série Blood and Honey; le Willie ici (interprété par David Howard Thornton de la franchise Terrifier) était innocent avant que la négligence humaine ne le transforme en tueur.
Cependant, Screamboat s’efforce de satisfaire son public et leur offre exactement ce qu’ils recherchent. C’est un peu comme si Jason Takes Manhattan tenait enfin ses promesses en plaçant le carnage au bon endroit, sur un bateau en mer, plutôt que de se retirer vers la côte. En ayant réservé un véritable ferry — propriété de Colin Jost et Pete Davidson, soit dit en passant — ce film permet à son protagoniste de s’en donner à cœur joie avec une foule de victimes aux personnalités marquées mais peu développées. Les meurtres ne sont pas toujours les plus inventifs, mais LaMorte mérite des éloges pour son enthousiasme et son sens du design. Si seulement le reste du film avait la même précision.
Il est évident que Screamboat est une production à petit budget, un fait palpable à chaque instant du film. La priorité est donnée au massacre sanglant, et certains pourraient trouver l’apparence de Willie à la fois étrange et charmante. Pourtant, l’argent ne peut pas vraiment résoudre les problèmes qui affligent ce type de film d’horreur. Screamboat, comme ses pairs, semble improviser au fur et à mesure, et parfois, atteindre la fin devient un véritable défi. Mis à part l’énergie de David Howard Thornton, le film s’essouffle bien avant le troisième acte. Il est certain qu’une bonne vingtaine de minutes pourraient être coupées pour offrir une expérience plus fluide.
Il serait donc inapproprié de trop réfléchir à Screamboat ou de négliger son attrait en tant que slapstick subversif ; comme beaucoup de sketches comiques, ce film perd rapidement de son originalité.
Screamboat sort en salles le 2 avril 2025.