Idorsia, une société de biotechnologie en difficulté, a réduit son personnel de 1300 à 450 employés pour faire face à des problèmes financiers. La société a obtenu une prolongation de remboursement pour des obligations convertibles totalisant 800 millions de francs. Viatris a pris en charge les coûts de développement de deux médicaments, tandis qu’Idorsia espère des bénéfices d’ici 2027. Toutefois, des incertitudes persistent, notamment concernant son médicament phare Aprocitentan, qui n’engendre pas encore de revenus.
La société de biotechnologie Idorsia, située à Bâle-Campagne, traverse une période critique depuis plusieurs mois. Afin de faire face à des difficultés financières, la direction a pris la décision difficile de réduire ses effectifs, passant de 1300 à environ 450 employés. Malgré ces mesures drastiques, les contraintes liées à deux obligations convertibles d’une valeur totale de 800 millions de francs continuent de peser lourdement sur l’entreprise.
Besoin urgent d’une extension pour le remboursement
Ce mardi, Idorsia a réussi à négocier lors d’une réunion avec les détenteurs de l’une des obligations convertibles une prolongation de la période de remboursement. Initialement, cette obligation, d’un montant de 200 millions de francs, devait être remboursée le 17 janvier 2025, mais ce délai a été prolongé jusqu’au 17 septembre, avec la possibilité d’une extension supplémentaire de 10 ans.
Cette extension s’applique également à la deuxième obligation convertible, dont le remboursement était prévu pour août 2026. Les détenteurs de ces obligations, représentant plus de 70 % du montant émis, ont indiqué qu’ils soutiendraient la prolongation de la durée de dix ans lors des prochaines assemblées.
Cette nouvelle offre à Idorsia une perspective à plus long terme, alors que l’entreprise n’était pas en mesure de rembourser ces obligations. À la fin de l’année précédente, les liquidités restantes dans les caisses de l’entreprise étaient d’environ 100 millions de francs.
Idorsia a également bénéficié d’une bouffée d’oxygène grâce à un financement nouvellement accordé de 150 millions de francs par les détenteurs des obligations convertibles, ayant une durée de 24 mois.
Viatris prend en charge les frais de développement
La direction a également réussi à réduire la contribution aux coûts de développement de deux médicaments non encore approuvés, diminuant ce montant de 200 à 100 millions de dollars. Ces coûts seront désormais assumés par le groupe pharmaceutique américain Viatris, qui a acquis en mars 2024 les droits de commercialisation de ces deux produits. En conséquence, Idorsia renonce également à des paiements d’étape potentiels de 250 millions de dollars, qui étaient liés à des avancées spécifiques dans leur développement ainsi qu’à des objectifs de vente.
Les investisseurs ont accueilli cette nouvelle avec soulagement, faisant grimper le cours de l’action de 25 %, atteignant ainsi 1,15 franc. Toutefois, la valorisation de l’entreprise ne dépasse pas 200 millions de francs. Au cours des cinq dernières années, les investisseurs ont subi d’importantes pertes, la valeur de l’action ayant chuté de 95 %.
Pour l’année 2025, la direction anticipe une perte d’exploitation de 155 millions de francs, tout en s’engageant à atteindre des bénéfices d’ici 2027.
Des promesses non tenues
Malgré ces espoirs, de nombreuses incertitudes persistent quant à la réalisation de ces objectifs. Par le passé, la direction a fait des promesses qui n’ont pas toujours été respectées.
Idorsia fait face à un défi majeur, notamment en raison de l’échec des discussions avec un potentiel acquéreur concernant son médicament phare, Aprocitentan, destiné à traiter l’hypertension résistante. L’entreprise est toujours à la recherche d’un partenaire pour commercialiser ce produit, qui pourrait générer des revenus annuels supérieurs à un milliard de dollars. Bien qu’il ait déjà reçu l’approbation aux États-Unis et en Europe, il ne génère pas encore de revenus pour Idorsia.
Difficultés sur le marché américain
Idorsia dépend fortement des revenus générés par Aprocitentan pour relancer les ventes de son deuxième produit phare, le somnifère Quviviq.
La commercialisation aux États-Unis reste un défi, malgré l’approbation obtenue début 2022. Idorsia devra convaincre à nouveau les médecins du marché pharmaceutique le plus lucratif au monde de prescrire ce produit, ce qui nécessitera des investissements marketing conséquents.
En revanche, la situation en Europe semble plus favorable, avec des prévisions de chiffre d’affaires mondial de 110 millions de francs pour Quviviq en 2025. Toutefois, cela ne suffira pas encore à faire de ce médicament le succès commercial tant espéré.