mercredi, février 26, 2025

Augmenter le budget de la défense : Merz s’oppose à une réforme immédiate du frein à l’endettement

Le Bundestag est confronté à une réforme du frein à l’endettement, avec les Verts en faveur d’un changement face à une possible minorité de blocage de l’AfD et de la gauche. Friedrich Merz, président de la CDU, propose un fonds spécial pour la défense, tandis que des tensions persistent quant à un éventuel soutien à l’augmentation des dépenses militaires. La question demeure sur la capacité à obtenir une majorité pour cette réforme dans le nouveau Bundestag.

Le Bundestag doit-il s’engager dans une réforme du frein à l’endettement ? Les Verts sont favorables, craignant un veto de l’AfD et de la gauche. Pendant ce temps, Friedrich Merz, le président de la CDU, présente une alternative.

Un terme résonne dans les couloirs du pouvoir à Berlin : minorité de blocage. Ce concept fait référence à un groupe au sein du parlement qui, bien qu’incapable d’influencer directement la législation, peut bloquer des propositions. C’est le cas pour la réforme du frein à l’endettement, qui nécessite une majorité des deux tiers pour être adoptée au Bundestag et au Bundesrat.

Le SPD et les Verts avaient déjà plaidé pour une modification du frein à l’endettement permettant un emprunt public accru durant la coalition Ampel, mais avaient été confrontés à l’opposition du FDP. Le ministre de l’Économie sortant, Robert Habeck, soutient cette réforme, notamment en raison des évolutions géopolitiques. Il souligne que pour soutenir l’Ukraine et renforcer la défense, l’État doit rapidement élargir ses capacités de financement. ‘Il y a encore une chance d’adopter une réforme du frein à l’endettement avec le Bundestag actuel’, a-t-il déclaré lundi.

Proposition de Merz : un fonds spécial

Friedrich Merz, le président de la CDU, ne rejette pas l’idée d’une réforme, en mettant l’accent sur les besoins de défense : ‘Nous savons que la Bundeswehr nécessitera des financements substantiels dans les années à venir. Nous devons discuter de la manière dont nous organiserons cela.’

Cependant, Merz envisage, à la différence de Habeck, la création d’un fonds spécial financé par des emprunts à court terme, similaire au fonds de 100 milliards d’euros alloué à la Bundeswehr en 2022.

La ministre des Affaires étrangères insiste sur le fait que l’Europe ne doit pas être influencée par les États-Unis et doit continuer à soutenir l’Ukraine.

La menace de la minorité de blocage

Un obstacle majeur pourrait être la minorité de blocage que l’AfD et la gauche pourraient former au sein du prochain Bundestag, si elles unissent leurs voix. Alice Weidel, co-présidente de l’AfD, a déjà exprimé son opposition à toute forme d’endettement supplémentaire, affirmant que l’État ne devrait pas dépenser plus qu’il ne perçoit.

De son côté, la gauche souhaite abolir le frein à l’endettement, mais refuse catégoriquement d’approuver des dépenses additionnelles pour la Bundeswehr, rendant improbable le soutien à un nouveau fonds spécial destiné à renforcer les capacités de défense.

L’Allemagne doit-elle procéder à une réforme du frein à l’endettement pour retrouver sa compétitivité ?

Agir rapidement ou attendre ?

Ainsi, les partis du centre se trouvent confrontés à un dilemme : doivent-ils attendre l’approbation de l’AfD ou du parti de gauche, ou agir rapidement malgré l’élection du nouveau Bundestag ?

Dans ce contexte, certains membres des partis de l’Union soutiennent l’idée d’Habeck, mais uniquement pour un fonds spécial unique, et non pour une réforme permanente du frein à l’endettement. L’argument avancé est que, face à une situation sécuritaire modifiée par les évolutions de la politique étrangère américaine, l’Allemagne doit investir davantage dans sa défense. Si cela n’est pas possible dans le nouveau Bundestag, la décision devra être prise par l’ancien Bundestag.

Cependant, les responsables budgétaires de l’Union sont prudents : ils insistent d’abord sur la nécessité d’évaluer la situation financière avant d’envisager de nouvelles dettes. Merz a déclaré au sujet du fonds spécial : ‘Nous sommes ouverts à la discussion, mais il est encore trop tôt pour en parler.’

Avec l’Union, une réforme du frein à l’endettement semble envisageable pour les Länder, mais son impact pourrait être limité.

Une réforme qui divise

L’idée même que le Bundestag actuel puisse adopter une extension de l’endettement irrite l’AfD et la gauche. Peter Boehringer, porte-parole budgétaire de l’AfD, dénonce un ‘coup d’État froid contre notre fiscalité et notre patrimoine public’. Ines Schwerdtner, co-présidente de la gauche, qualifie les discussions sur une augmentation des dépenses militaires avec l’ancien Bundestag de scandale.

Alors que l’avenir d’un fonds spécial reste incertain jusqu’à la constitution du nouveau Bundestag, des figures de proue du SPD continuent de faire pression pour une réforme du frein à l’endettement pour l’avenir. Selon le ministre de la Défense, Boris Pistorius, pour assurer un équipement adéquat de la Bundeswehr, ‘une exception au frein à l’endettement est pratiquement inévitable.’ Le budget de la défense devra être doublé dans les années à venir pour atteindre plus de 100 milliards d’euros.

Cependant, la question demeure : y aura-t-il une majorité suffisante pour soutenir une réforme du frein à l’endettement dans le nouveau Bundestag ?

Ce sujet a été rapporté par Inforadio le 25 février 2025 à 12h44.

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